Les phases du deuil : pourquoi la douleur ne suit jamais vraiment un ordre précis
Pourquoi parle-t-on des phases du deuil ?
Quand une perte bouleverse une vie, beaucoup de personnes cherchent à comprendre ce qu’elles ressentent.
Pourquoi certaines journées semblent supportables… puis soudain impossibles ?
Pourquoi les émotions changent-elles aussi vite ?
Pourquoi certaines personnes pleurent immédiatement alors que d’autres restent presque figées pendant des semaines ?…
C’est souvent dans ce contexte que l’on entend parler des fameuses “phases du deuil”.
Ce modèle, popularisé par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross, a permis de mieux reconnaître certaines réactions humaines face à la perte. Il reste encore aujourd’hui très connu.
Pourtant, avec le temps, beaucoup de personnes ont fini par croire que le deuil devait obligatoirement suivre des étapes précises, dans un ordre bien défini.
Or, la réalité humaine est souvent beaucoup plus désordonnée.
Et heureusement.
Le deuil n’est pas un examen à réussir.
Il ne suit pas toujours une logique parfaite.
Il ressemble davantage à un mouvement intérieur profondément humain, parfois lent, parfois contradictoire.
Certaines émotions reviennent.
D’autres se mélangent.
Certaines douleurs restent silencieuses très longtemps avant de remonter à la surface.
Les 5 phases du deuil : une base utile mais souvent simplifiée
Les 5 phases du deuil peuvent aider à mieux comprendre certains mécanismes émotionnels. Mais elles ne doivent pas devenir une règle rigide.
On peut ressentir plusieurs phases en même temps.
On peut revenir en arrière.
On peut même ne jamais vivre certaines étapes de manière claire.
Chaque histoire reste unique.
Le déni
Le déni correspond souvent au premier choc.
L’esprit peine à intégrer ce qui vient de se produire.
Certaines personnes continuent presque automatiquement à fonctionner :- gérer les démarches,
- répondre aux messages,
- organiser,
- avancer.
Comme si tout était encore irréel. Le cerveau tente parfois de protéger la personne face à une douleur trop brutale. Ce mécanisme est profondément humain.
La colère
La colère peut prendre des formes très différentes.
Parfois, elle s’adresse :- à la vie,
- au corps médical,
- à la personne partie,
- à soi-même,
- à Dieu,
- ou simplement à l’injustice de la situation.
Certaines personnes culpabilisent énormément d’être en colère pendant un deuil.
Pourtant, cette émotion exprime souvent :- une immense douleur,
- un sentiment d’impuissance,
- ou un amour qui ne sait plus où aller.
Le marchandage
Cette phase est souvent moins connue.
L’esprit tente alors de réécrire intérieurement l’histoire :- “Et si j’avais fait autrement ?”
- “Et si j’avais appelé plus tôt ?”
- “J’aurais dû voir les signes.”
- “Peut-être que…”
Le cerveau cherche parfois désespérément une manière de reprendre le contrôle. Cela peut créer beaucoup de culpabilité.
La tristesse
La tristesse profonde apparaît souvent lorsque la réalité devient plus concrète. L’absence prend alors une place immense.
Certaines personnes ressentent :- du vide,
- une fatigue intense,
- une perte de sens,
- des difficultés à se projeter,
- une sensation d’effondrement intérieur.
Et contrairement aux idées reçues, cette tristesse n’est pas toujours visible. Beaucoup continuent à sourire extérieurement tout en portant une douleur très lourde intérieurement.
L’acceptation
L’acceptation ne signifie pas :- oublier,
- ne plus aimer,
- ne plus souffrir.
Elle correspond davantage à une transformation progressive du lien à l’absence. La personne comprend peu à peu qu’elle ne pourra pas revenir à “avant”. Et malgré cela, la vie recommence doucement à circuler autrement.
Il peut encore y avoir :- des larmes,
- des dates difficiles,
- des rechutes émotionnelles.
Mais la douleur n’occupe plus toute la place.

Le deuil ne suit presque jamais une ligne droite
C’est probablement l’un des points les plus importants à comprendre. Le deuil n’est pas linéaire.
On peut :- aller mieux pendant plusieurs semaines,
- puis être submergé soudainement,
- ressentir de la colère des années plus tard,
- rire un jour puis culpabiliser le lendemain,
- se sentir soulagé… puis honteux de ce soulagement.
Tout cela peut coexister. Le deuil fonctionne souvent davantage comme des vagues. Certaines périodes semblent plus calmes. Puis une odeur, une musique, un lieu ou une date particulière viennent rouvrir quelque chose intérieurement. Et cela ne signifie pas que la personne “recommence à zéro”.
Cela signifie simplement que le lien émotionnel continue d’exister.
Tous les deuils ne concernent pas la mort
C’est une réalité dont on parle encore très peu. Pourtant, certaines douleurs ressemblent profondément à un deuil… même lorsque personne n’est décédé.
Le deuil d’une relation
Une séparation peut parfois provoquer un véritable effondrement intérieur. Pas uniquement parce qu’une personne part.
Mais parce qu’avec elle disparaissent aussi :- des projets,
- des habitudes,
- une sécurité,
- une image de l’avenir,
- une partie de soi.
- dépendance affective,
- emprise émotionnelle,
- relation fusionnelle,
- abandon brutal.
Le corps vit parfois cela comme une perte réelle.
Le deuil d’un parent vivant mais absent
C’est l’un des deuils les plus invisibles.
- Une mère qui abandonne sa fille.
- Un père émotionnellement absent.
- Un parent qui refait sa vie sans maintenir le lien.
La personne est toujours vivante. Et pourtant, quelque chose manque profondément depuis des années.
Ce type de blessure provoque souvent :- incompréhension,
- culpabilité,
- sentiment de rejet,
- difficulté à se sentir aimable,
- peur de l’abandon.
Le plus compliqué reste souvent que la société reconnaît peu cette souffrance. Comme si l’on ne “devait” faire son deuil que des morts.
Le deuil d’une vie imaginée
Parfois, le deuil concerne aussi :- un enfant que l’on n’aura pas,
- une santé perdue,
- un rêve inaccessible,
- une vocation abandonnée,
- une ancienne version de soi-même.
Ces pertes peuvent sembler invisibles aux yeux des autres.
Elles bouleversent pourtant profondément certaines personnes.
Pourquoi certaines douleurs restent longtemps dans le corps
Le deuil ne touche pas uniquement les pensées. Le corps lui aussi traverse quelque chose au-delà de ces phases du deuil.
Certaines personnes ressentent :- fatigue chronique,
- tensions,
- difficultés à dormir,
- sensation d’oppression,
- hypersensibilité émotionnelle,
- douleurs diffuses,
- perte d’énergie.
Le système nerveux peut rester longtemps en état d’alerte après un choc émotionnel important. Et parfois, les émotions bloquées continuent silencieusement à peser sur le quotidien.
C’est aussi pour cela que certaines approches complémentaires comme :- l’hypnose,
- l’EFT,
- la relaxation,
- le massage bien-être,
- ou certains accompagnements émotionnels,
peuvent aider certaines personnes à retrouver progressivement un peu d’apaisement intérieur.
Peut-on être accompagné dans ces phases du deuil ?
Oui ! Et il n’est pas nécessaire “d’aller très mal” pour demander de l’aide.
Certaines personnes ressentent simplement le besoin :- d’être écoutées,
- de déposer leur fatigue émotionnelle,
- de comprendre ce qu’elles vivent,
- de retrouver un peu de souffle.
L’accompagnement émotionnel ne fait pas disparaître l’absence.
Mais il peut parfois aider à :- traverser la douleur avec moins de solitude,
- apaiser certaines tensions,
- remettre du mouvement là où tout semblait figé.
Et surtout, il rappelle à beaucoup de personnes qu’elles n’ont pas à porter seules toute leur souffrance.
Apprendre à vivre autrement avec l’absence
Le deuil ne “s’efface” pas vraiment même si on pense avoir passé toutes les phases du deuil. Avec le temps, il se transforme.
- Certaines blessures restent sensibles longtemps.
- Certaines absences continuent de faire mal à certaines dates.
- Certains souvenirs gardent toujours une part de tristesse.
Et pourtant, peu à peu, la vie peut recommencer à circuler. Différemment, plus doucement parfois.
Le cœur humain possède une capacité étonnante : celle de continuer à aimer même après une perte.
Pas en oubliant ! Mais en apprenant progressivement à vivre autrement avec ce qui manque.
FAQ
Les phases du deuil sont-elles obligatoires ?
Non. Chaque personne vit le deuil différemment. Les émotions peuvent apparaître dans un ordre très variable.
Combien de temps dure un deuil ?
Il n’existe pas de durée précise. Certains deuils demandent plusieurs mois ou plusieurs années avant de s’apaiser progressivement.
Peut-on faire le deuil d’une personne encore vivante ?
Oui. Un abandon, une rupture ou une relation profondément blessante peuvent provoquer un véritable processus de deuil émotionnel.
Peut-on être accompagné pendant un deuil ?
Oui. Certaines approches d’accompagnement émotionnel comme l’écoute, l’hypnose ou l’EFT peuvent aider certaines personnes à traverser cette période plus sereinement.
Liens externes
- SFAP (Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs)
- Psychologies Magazine sur YouTube
- Inserm : les conséquences du deuil
Certaines douleurs ont besoin de temps.
D’autres ont aussi besoin d’un espace sécurisé pour pouvoir enfin être déposées sans jugement.
“Je ne suis peut-être pas en train de devenir fou. Je traverse quelque chose d’humain.”
