Violence psychologique conjugale : une pièce éclaire les silences
Violence psychologique conjugale : une pièce éclaire les silences
La violence psychologique conjugale laisse rarement des traces visibles. Pourtant, ses effets sur l’identité, la liberté et l’estime de soi peuvent être dévastateurs. Alors qu’on parle plus volontiers des coups, il est essentiel de rappeler que l’emprise émotionnelle, la culpabilisation ou l’isolement sont aussi des formes de violence. C’est ce que raconte, avec une justesse troublante, la pièce « Ça, c’est l’amour », portée par Josiane Balasko et Marilou Berry, mère et fille à la ville comme à la scène.
Une pièce, une situation trop réelle : l’histoire de « Ça, c’est l’amour »
Écrite par Jean Robert-Charrier et mise en scène par Julie-Anne Roth, « Ça, c’est l’amour » sera jouée au Théâtre des Bouffes Parisiens à partir du 23 janvier 2026. L’intrigue se déroule le soir de Noël. Frédérique (Josiane Balasko) débarque à l’improviste chez sa fille Mathilde (Marilou Berry), enfermée depuis des années dans une relation marquée par la violence psychologique conjugale. Derrière ce geste impromptu, une urgence : sauver sa fille. Mais les blessures sont profondes, l’emprise sournoise et la vérité difficile à entendre. Encore plus quand ça vient de sa mère !
Mère et fille sur scène et dans la vraie vie

La force du spectacle repose aussi sur la rencontre artistique entre Josiane Balasko et sa fille Marilou Berry. C’est la première fois qu’elles jouent ensemble sur scène et leur complicité donne une intensité rare à leur jeu. Ce lien personnel traverse le texte et donne encore plus de force à l’histoire de Mathilde et Frédérique. La pièce explore avec tendresse et rugosité les liens familiaux, les non-dits, les maladresses… et cette lucidité intuitive que peuvent avoir certaines mères face à la souffrance muette de leur fille.
Violence psychologique conjugale : une réalité souvent invisible
La violence psychologique conjugale, c’est tout ce qui brise sans frapper : les remarques dévalorisantes, les reproches constants, les humiliations déguisées en humour, le contrôle insidieux, la jalousie étouffante. Elle agit comme une érosion de l’intérieur. On ne se rend pas toujours compte que l’on est victime. On se dit qu’on exagère, qu’il y a pire. Et pourtant, on s’éteint.
Dans la pièce, Mathilde est une femme forte, brillante, pleine de répondant. Et c’est précisément ce que souligne Marilou Berry dans une interview : on peut être une femme solide… et se faire maltraiter. L’emprise ne s’attaque pas à la faiblesse. Elle s’installe dans les failles. Elle manipule les émotions. Elle enferme.
S’isoler pour mieux dominer : un mécanisme courant
L’une des stratégies les plus fréquentes dans la violence psychologique conjugale est l’isolement. Petit à petit, la personne violente coupe sa victime de ses soutiens extérieurs. Famille, amis, collègues : tous deviennent des menaces à contrôler. Cela crée un huis clos affectif où la seule voix audible est celle du dominant. Dans « Ça, c’est l’amour », cette coupure est visible. Mathilde vit en retrait. Sa mère devient le grain de sable dans l’engrenage — et peut-être la clé pour relancer le mouvement.
Il n’y a pas de profil de victime, seulement des prédateurs
C’est un point que Lio, chanteuse et actrice, a très bien exprimé dans une interview récente : il n’existe aucun profil type de personne victime de violences conjugales. Il n’y a pas un “caractère” qui attire les abus. Il y a simplement des personnes qui profitent, consciemment ou non, d’un moment de vulnérabilité chez l’autre. Et cette emprise peut s’installer doucement, presque gentiment, jusqu’à devenir un piège.
Se reconstruire : c’est long, mais c’est possible
Sortir d’une relation sous emprise, ce n’est pas juste “partir”. C’est aussi réapprendre à se faire confiance, à poser des limites, à se reconnecter à son intuition. Ce travail se fait souvent avec l’aide de thérapeutes, d’associations, de proches, de professionnels du droit… Et il existe aussi des pratiques complémentaires pour aider à libérer le poids émotionnel :
- L’EFT (Emotional Freedom Techniques) permet de désactiver des charges émotionnelles très fortes, liées au trauma, au stress, à la peur.
- L’hypnose thérapeutique peut accompagner la reconstruction de l’image de soi, du sentiment de sécurité, et de la capacité à dire non.
Ces pratiques ne remplacent jamais un suivi psychologique, mais elles peuvent s’intégrer dans un parcours global de soin ou d’apaisement.
Quand le théâtre devient un espace de vérité
Le théâtre a cette force unique : celle de mettre en lumière ce que beaucoup vivent dans l’ombre. En donnant un visage, une voix, un corps à des situations souvent invisibles, « Ça, c’est l’amour » agit comme un miroir — parfois inconfortable, souvent nécessaire.
Il ne s’agit pas d’un simple spectacle. Il s’agit d’une histoire qui parle de nous, de celles et ceux que nous connaissons, de ce que nous ne voulons plus taire. Parce que la violence psychologique conjugale ne laisse peut-être pas de bleus sur la peau, mais elle laisse des fissures profondes dans le cœur et dans la vie.
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